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Sortons la gouvernance alimentaire des conseils d’administration et des logiques commerciales pour la rendre aux peuples !

En 1995, l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) a imposé la mondialisation des marchés agricoles. Depuis, ses règles étranglent les paysan·nes. Des dizaines de millions de familles paysannes ruinées sont parties sur les routes de l’exode et de l’émigration. La guerre de Poutine contre l’Ukraine a montré la vulnérabilité d’un système global libéral qui ne parvient pas à assurer une alimentation adéquate à l’ensemble des habitant·es de la planète. Incapable de prendre en compte le réchauffement climatique, l’OMC nous condamne à un monde de conflits et de tensions. La Conférence interministérielle qui se tiendra à Genève la semaine prochaine n’apportera aucune solution crédible.

 

L’OMC n’est plus depuis longtemps au cœur de l’actualité. Ses règles continuent pourtant à s’imposer avec dureté à tous les paysan·nes de la planète. Elles offrent aux grandes multinationales du commerce et de l’agro-alimentaire un cadre juridique qui leur permettent année après année d’augmenter leur pouvoir et leurs profits.

 

L’entrée des tanks russes en Ukraine le 28 février a définitivement montré que des politiques alimentaires basées sur les importations de produits de première nécessité est une impasse. La sécurité alimentaire n’existe que pour ceux et celles qui contrôlent la source de leur approvisionnement. Le prix de l’alimentation a augmenté en Europe et en France. L’inflation frappe en premier lieu les familles les plus pauvres. En Afrique, au Maghreb et au Moyen-Orient, le blé manque, l’inquiétude monte, et la faim frappe aveuglement. En Ethiopie, en Somalie et au Kenya se sont près de 14 millions de personnes qui risquent de mourir de faim. Les aides d’urgence ont du mal à se mettre en place.

 

L’OMC refuse la constitution de stocks alimentaires d’urgence, elle s’oppose à toute mesure de soutien publics des marchés. Les stocks sont pourtant cruciaux pour atténuer la variabilité des prix alimentaires et garantir les approvisionnements en cas de crise. Aujourd’hui, la gestion des stocks est décidée dans les conseils d’administration de Cargill, Glencore et les autres, sans même que les gouvernements connaissent leurs niveaux. L’Union européenne continue également à utiliser l’OMC pour empêcher la nécessaire réforme de la Politique Agricole Commune. La proposition de mise en place de la taxe carbone aux frontières ne prend pas en compte les importations de soja. L’Amazonie brûle et nous regardons ailleurs.

 

Tant que nous ne serons pas libéré·es du carcan de l’OMC, les mesures contre le réchauffement climatique et contre la perte de biodiversité seront inefficaces. L’agriculture n’est pas un secteur économique comme les autres. Nous devons urgemment mettre en place des politiques de souveraineté alimentaire telles qu’elles ont été proposées par la Via Campesina en 1996 et non comme Macron tente de les récupérer en les vidant de leur logique. L’agriculture doit produire localement d’une manière naturelle c’est ce que souhaitent nos concitoyen·nes et c’est ce que nous défendons au Parlement européen. En Afrique aussi, les paysans et les paysannes locaux doivent pouvoir développer le potentiel agronomique de leurs régions pour créer des pôles de stabilité alimentaire. Pour y parvenir, nous devons avant tout pousser l’OMC hors de l’agriculture et bâtir un système de régulation international des échanges agricoles construit non pas autour des dogmes du libéralisme et de la compétition marchande mais autour d’un souci de solidarité et de coopération.

 

Sortons la gouvernance de ce droit humain qu’est l’alimentation des conseils d’administration et des logiques commerciales pour la rendre aux peuples !

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