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La gestion de l’eau en agriculture – Que prévoient les plans de relance européens ?

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La gestion de l’eau en agriculture – Que prévoient les plans de relance européens ?

Le secteur de l’agriculture est celui qui consomme le plus d’eau dans l’UE. Sa consommation nette d’eau atteint 40 à 60 % de la consommation nette d’eau selon les années (AEE, 2020). La production agricole exerce dès lors une pression importante sur les prélèvements en eau. De plus, elle accroît la pollution à travers les nutriments et les produits chimiques utilisés. La situation climatique actuelle et future aggrave le constat et interroge sur les investissements nécessaires pour maintenir une production agricole soutenable.

Pour répondre à cette question, la présente étude s’appuiera sur l’analyse de trois pays agricoles européens : la France, l’Espagne et la Roumanie. Après avoir présenté les principaux usages de l’eau en agriculture, l’étude identifie les besoins en eau du secteur dans ces trois pays. Elle analyse ensuite les interventions concernant l’eau prévues dans les plans de relance de ces trois pays et évalue leur adéquation au regard des besoins identifiés dans la deuxième partie. Enfin, l’étude propose de nouvelles voies pour répondre au mieux aux défis posés par la gestion de l’eau en agriculture au niveau européen.

Dans les trois pays étudiés, la qualité des masses d’eau tend à s’améliorer, mais la pollution diffuse de l’agriculture (principalement par les produits chimiques et les nitrates) constitue l’une des principales pressions sur les masses d’eau de surfaces et souterraines. La majorité des masses d’eau en France et Roumanie sont en bon état quantitatif, mais les prélèvements restent importants, voire en hausse dans le cas de la Roumanie. En Espagne, le secteur agricole consomme 60% de l’eau douce disponible dans le pays, au point que la part des masses d’eau souterraine en « mauvais état quantitatif » atteint 60 % par exemple en Murcie.
Les divers instruments européens susceptibles de préserver l’eau en tant que ressource naturelle et d’en améliorer la gestion existent et devraient permettre de progresser s’ils sont bien utilisés. Ce n’est pas toujours le cas car, dans l’exemple de la PAC, les projets ne sont pas associés à des mesures de sauvegarde suffisantes contre une utilisation non durable. Ainsi, la PAC 2014-2020 n’a conduit ni à des économies d’eau, ni à améliorer significativement la qualité des eaux de surface.

La relance de l’économie européenne post-COVID-19 est soutenue par les financements de l’UE octroyés aux plans de relances nationaux. Leur volet climatique permet des interventions destinées à améliorer la gestion de l’eau. L’étude révèle cependant que la priorité accordée à l’eau dans les plans de relance n’est pas très élevée pour les trois pays étudiés, avec des variations, et cette observation serait très probablement valable pour l’ensemble de l’UE. La France ne prévoit par exemple aucune mesure directe spécifique à la gestion durable de l’eau en agriculture. A l’inverse, en Espagne, les actions financées par le plan de relance portent à la fois sur la ressource eau, avec le but de mieux la protéger, et sur son usage, en visant à le moderniser et l’optimiser. Cependant, si les orientations vont dans le bon sens et qu’un effort de quantification est fait, il porte sur un objectif de surface irriguée plutôt qu’un objectif de réduction du volume d’eau consommée. Enfin, le premier volet du plan de relance roumain est consacré à l’eau mais aucune mesure d’investissement est spécifiquement destinée à la gestion de l’eau en agriculture.

De l’analyse effectuée dans ces trois pays découle la série de recommandations suivante, détaillée dans le rapport :
• Les efforts à faire s’adressent en premier lieu à l’agriculture en raison de son importance dans le cycle de l’eau. La PAC et les plans de relance devraient accorder une plus grande priorité à la gestion durable de l’eau, cruciale dans le contexte du réchauffement climatique.

• L’analyse fine des besoins en eau du secteur agricole doit devenir systématique : l’agriculture devra recalibrer sa consommation d’eau à la capacité de prélèvement et de stockage possible localement sans perturber le cycle de l’eau.

• Tous les acteurs au sein de chaque bassin hydrographique devraient co-construire ensemble les solutions pour une gestion durable et intégrée de l’eau. Ces solutions peuvent porter sur la modification du mix des cultures au profit de plantes et/ou variétés moins gourmandes en eau, et sur des investissements dans les techniques d’irrigation les plus efficaces (goutte-à-goutte, numérisation).

• Les investissements publics influant sur la gestion de l’eau agricole devraient désormais s’inscrire dans l’atteinte d’objectifs quantitatifs et qualitatifs déclinés par État ou même par bassin. A cet égard, les plans de relance devraient être revus pour garantir la cohérence avec les autres politiques, dont la PAC et les objectifs du Green Deal.
• Enfin, sur un plan plus général, la PAC – dans son intégralité et ses déclinaisons au niveau national – devrait aider à la transition nécessaire vers des pratiques plus durables, des systèmes résilients et moins émetteurs de GES.

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