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Contribution publique sur le retour des néonicotinoïdes – Avec Yannick Jadot & Claude Gruffat

Avec Yannick Jadot & Claude Gruffat, nous avons contribué à la consultation publique sur le projet de décret visant la ré-autorisation des néonicotinoïdes. Voici le texte de notre contribution. 

 

En Août 2020, certains betteraviers français étaient confrontés à une invasion de pucerons vecteurs de la jaunisse nanisante. Cette maladie stoppe la croissance des betteraves provoquant une chute des rendements.

La FNSEA et la FNB ont demandé la levée de l’interdiction des néonicotinoïdes, laissant entendre que ces pesticides pourraient sauver la récolte.

Il n’en est rien car les néonicotinoïdes sont utilisés en enrobage des semences. La levée de l’interdiction de ces pesticides ne concernera que les cultures de 2021 et n’aura aucun impact sur les revenus en 2020.

 

La crise de filière betterave est due à la fin des quotas sucriers

 

Le Ministre de l’Agriculture a déclaré lors du débat sur son projet de loi « Nous sommes tous contre les néonicotinoïdes, mais nous ne pouvons pas laisser mourir la filière betterave qui est un fleuron agricole français. », insinuant que l’interdiction des néonicotinoïdes était responsable des difficultés de la filière.

 

Or, rien n’est moins vrai. La libéralisation du secteur agricole et la surpression en 2017 des quotas sucriers s’est traduite par une chute des prix. Les planteurs français et européens ont compris à leurs dépens qu’il n’était pas possible d’être compétitif face aux plantations d’Amérique du Sud. Pour faire face à cette compétition mondiale dérégulée, ils ont intensifié leurs pratiques, ce qui a fortement augmenter leurs coûts de production et entretenu la crise de surproduction.

 

L’invasion de pucerons est due au dérèglement climatique, à l’effondrement de la biodiversité et à l’intensification des pratiques culturales

 

La prolifération des pucerons se produit normalement à l’automne. Cette année, suite à un hiver très doux, elle s’est produite de manière anormale en été. Avec le réchauffement climatique ce phénomène va se répéter.

L’intensification des pratiques crée des conditions favorables au développement des pucerons : les parcelles fertilisées les attirent et les pesticides tuent leurs prédateurs.

 

Les néonicotinoïdes ont un impact à long terme sur la biodiversité, l’eau et les sols

 

Les néonicotinoïdes restent longtemps dans le sol. Insecticides systémiques, ils migrent dans tous les tissus des plantes. Des tournesols semés après une culture de betteraves traitées aux néonicotinoïdes seront également contaminées, ce qui entrainera une surmortalité des abeilles.

 

Ces pesticides se retrouvent également dans nos assiettes, avec des conséquences très probables sur la santé humaine.

 

L’utilisation de ces pesticides n’offre aucun avenir positif à ce secteur en crise. Nous devons au contraire, nous inspirer de ce que font déjà les betteraviers bio, et promouvoir des solutions basées sur les sciences agronomiques et l’étude du fonctionnement des biotopes. La limitation des invasions de pucerons se fera en favorisant la présence de prédateurs en replantant des haies, en mettant en place une rotation & une diversification des cultures et en créant une filière betterave biologique à forte valeur ajoutée.

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